Aides France Travail pour créer son entreprise : ARE, ARCE et ACRE expliquées
ARE, ARCE, ACRE : toutes les aides France Travail pour créer son entreprise en 2026 expliquées avec conditions, montants et démarches. Guide pratique


France Travail propose trois aides pour créer son entreprise en 2026 : le maintien partiel de l'ARE (complément mensuel plafonné à 60 % des droits restants), l'ARCE (capital de 60 % des droits ARE versé en deux fois, nécessitant l'ACRE au préalable), et l'ACRE (exonération de cotisations sociales ramenant le taux à 1,875 % du bénéfice dans la limite de 384 480 € ou 2,5 % du PASS, soit 1 201,5 € max). Ces dispositifs sont exclusifs pour ARE et ARCE, mais tous deux cumulables avec l'ACRE.
France Travail met à disposition des demandeurs d'emploi trois aides complémentaires pour financer et alléger le démarrage d'une activité : le maintien partiel de l'ARE, l'ARCE qui transforme les droits chômage en capital, et l'ACRE qui réduit temporairement les cotisations sociales. Le choix entre ces dispositifs dépend du montant de vos droits restants, du niveau de revenus attendu et de votre besoin de trésorerie immédiate. Voici comment chacun fonctionne, pour quel profil, et les pièges à éviter.
Ce qu'il faut retenir
- Le maintien ARE permet de cumuler partiellement allocation chômage et revenus non salariés : France Travail verse un complément chaque mois, plafonné à 60 % de vos droits restants.
- L'ARCE verse 60 % de vos droits ARE sous forme de capital en deux fois : idéal pour un besoin de trésorerie immédiate, mais exclusif du maintien ARE.
- L'ACRE réduit les cotisations sociales à 1,875 % du bénéfice (dans la limite de 384 480 € par an) ou 2,5 % du PASS (1 201,5 € max en 2026) pendant les 12 premiers mois.
- Opter pour l'ARCE est irréversible : si votre activité tarde à produire des revenus, vous ne pourrez pas revenir au maintien ARE.
- France Travail propose aussi un accompagnement gratuit : ateliers conseils, diagnostic de projet, mise en relation avec des experts.
Comparatif en un coup d'œil
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| Dispositif | Nature | Condition principale | Montant / taux clé | Durée du bénéfice |
|---|---|---|---|---|
| Maintien ARE | Maintien partiel de l'allocation chômage | Être inscrit à France Travail et bénéficier de l'ARE. Cumuler revenus non salariés + ARE. | ARE mensuelle – 70 % des revenus déclarés (complément France Travail) | Jusqu'à épuisement des droits ARE (dans la limite de 60 % du capital restant) |
| ARCE | Capital en deux versements | Être inscrit à France Travail, bénéficier de l'ARE, avoir obtenu l'ACRE. | 60 % des droits ARE restants au moment de l'option | Versement unique en capital (deux fois) |
| ACRE | Exonération temporaire de cotisations sociales | Créer ou reprendre une entreprise. Exonération automatique pour les micro-entrepreneurs demandeurs d'emploi indemnisés. | Cotisations réduites : 1,875 % du bénéfice dans la limite de 384 480 €, ou 2,5 % du PASS (max 1 201,5 € en 2026) | 12 mois à compter de la date de début d'activité |
Ce que France Travail propose aux créateurs d'entreprise en 2026
France Travail n'est pas qu'un guichet d'indemnisation : c'est aussi un point d'entrée vers un écosystème d'aides pensé pour sécuriser la transition du salariat vers l'entrepreneuriat. Trois dispositifs forment le socle de cet accompagnement financier.
Comprendre ces dispositifs est essentiel pour bien maîtriser les 4 étapes concrètes de la création d'une entreprise.
Pour vous lancer, il est crucial de bien comprendre quelles sont les 4 étapes concrètes de la création d'une entreprise.
Le maintien de l'ARE vous permet de percevoir un complément mensuel tout en développant votre activité. L'ARCE transforme vos droits chômage en capital immédiat. L'ACRE allège vos cotisations sociales pendant la première année.
Ces trois aides ne sont pas cumulables entre elles de façon libre. ARE et ARCE sont mutuellement exclusives : vous choisissez l'une ou l'autre. L'ACRE, en revanche, se cumule avec le maintien ARE comme avec l'ARCE.
Au-delà de ces aides financières, France Travail propose un suivi individualisé à tous les demandeurs d'emploi qui envisagent de créer ou reprendre une entreprise. Ateliers, conseillers spécialisés, mise en relation avec des experts-comptables : le dispositif d'accompagnement est gratuit et accessible dès l'inscription.
Pour une vue d'ensemble détaillée des aides disponibles, n'hésitez pas à consulter notre guide complet sur le chômage et création d'entreprise.
Les aides financières : ARE, ARCE et ACRE
Trois dispositifs, trois logiques différentes.
- Maintien ARE : vous conservez une partie de votre allocation chômage chaque mois. France Travail complète vos revenus non salariés jusqu'à atteindre votre ARE mensuelle. Le cumul est plafonné à 60 % du montant total de vos droits restants.
- ARCE (Aide à la reprise et à la création d'entreprise) : vous recevez 60 % de vos droits ARE restants sous forme de capital, versé en deux fois. Ce choix est définitif : vous renoncez au maintien mensuel.
- ACRE (Aide à la création ou à la reprise d'une entreprise) : exonération temporaire de cotisations sociales pendant 12 mois. Pour un micro-entrepreneur, le taux passe à 1,875 % du bénéfice imposable dans la limite de 384 480 € par an, ou 2,5 % du plafond annuel de la sécurité sociale (soit 1 201,5 € maximum en 2026), selon la nature de l'activité (entreprendre.service-public.gouv.fr, 2026).
L'accompagnement dédié : ateliers conseils et suivi de projet
France Travail propose à tout demandeur d'emploi un accompagnement dédié à la création et à la reprise d'entreprise (entreprendre.service-public.gouv.fr, 2026). Cet accompagnement comprend des ateliers conseils collectifs sur les fondamentaux (étude de marché, business plan, statuts juridiques, prévisionnel financier), des rendez-vous individuels avec un conseiller spécialisé, et l'accès à l'Emploi Store, une plateforme de ressources en ligne.
Le conseiller peut aussi vous orienter vers des partenaires externes : experts-comptables conventionnés, réseaux d'accompagnement comme Initiative France ou les Boutiques de gestion. L'objectif est de valider la viabilité du projet avant le démarrage, puis de suivre les premiers mois d'activité.
Maintien de l'ARE : conserver son allocation chômage en créant son entreprise
Le maintien de l'ARE vous permet de conserver vos allocations chômage tout en créant votre entreprise. Contrairement à une idée répandue, vous ne touchez pas l'intégralité de votre ARE chaque mois : France Travail calcule un complément qui s'ajoute à vos revenus non salariés, dans la limite de votre allocation mensuelle de référence.
Pour approfondir, voir aides france travail pour créer une entreprise le guide.
Notre analyse démission pour création d'entreprise : conditions et droits éclaire ce point.
Pour approfondir, voir congé pour création d'entreprise : 12 mois pour lancer.
Pour approfondir, voir aides financières création d'entreprise : le guide complet.
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Ce dispositif est particulièrement adapté aux activités qui montent progressivement en régime. Il lisse la transition en assurant un revenu plancher, mois après mois. Le revers : vos droits s'épuisent au fil du temps, et le complément mensuel diminue à mesure que votre activité génère davantage de chiffre d'affaires.
Conditions pour bénéficier du maintien ARE
Pour bénéficier du maintien ARE, vous devez remplir trois conditions cumulatives.
- Inscription à France Travail : vous devez rester inscrit comme demandeur d'emploi et vous actualiser chaque mois, même si vous commencez à facturer.
- Percevoir l'ARE : seuls les demandeurs d'emploi indemnisés peuvent y prétendre. Si vos droits ARE sont épuisés, le maintien n'a pas d'objet.
- Créer ou reprendre une entreprise : l'activité doit être déclarée (immatriculation au registre du commerce, à l'Urssaf ou au répertoire des métiers). La simple déclaration de micro-entrepreneur suffit.
Le maintien ARE est automatique pour le micro-entrepreneur : il n'y a pas de formulaire spécifique à déposer. Pour une création en société (SARL, SAS, EURL), il est conseillé de signaler votre projet à votre conseiller France Travail.
Comment est calculé le complément mensuel ?
Chaque mois, vous déclarez vos revenus non salariés à France Travail. Ces revenus sont convertis en un nombre de jours indemnisables : on divise la rémunération nette par le salaire journalier de référence (SJR) qui a servi au calcul de l'ARE.
France Travail soustrait ce nombre de jours du total des jours indemnisables du mois, puis verse l'ARE pour les jours restants.
📌 Important : le cumul mensuel (ARE + revenus non salariés) ne peut pas dépasser le montant de votre ARE mensuelle initiale. Et surtout, le cumul total sur la durée de vos droits est plafonné à 60 % du capital ARE restant au moment de la création. Une fois cette limite atteinte, les versements cessent, même s'il vous reste formellement des droits.
Maintien ARE et micro-entrepreneur : ce qui change
Le micro-entrepreneur est le cas le plus fréquent de maintien ARE. La déclaration mensuelle de chiffre d'affaires à l'Urssaf déclenche automatiquement l'information auprès de France Travail.
Le calcul du complément ne se fait pas sur le chiffre d'affaires brut, mais sur le revenu net estimé après abattement forfaitaire : 34 % pour une activité de prestation de services BNC, 50 % pour une activité commerciale (achat-revente), 71 % pour la vente de marchandises. France Travail applique cet abattement avant de convertir en jours non indemnisables.
Concrètement, un micro-entrepreneur en prestation de services qui déclare 2 000 € de CA brut ne verra que 1 320 € (soit 2 000 € − 34 %) pris en compte dans le calcul. Le complément ARE sera donc plus favorable qu'avec un calcul sur le brut.
ARCE : recevoir ses droits chômage en capital pour financer son projet
L'ARCE permet de recevoir une partie de ses droits chômage sous forme de capital, en deux versements. Ce capital est libre d'emploi : vous pouvez l'investir dans du matériel, un stock, un local, une campagne de communication ou simplement sécuriser votre trésorerie personnelle.
L'ARCE ne se demande pas à n'importe quel moment. Elle suppose d'avoir préalablement obtenu l'ACRE. C'est le couplage ACRE + ARCE qui déclenche le versement. Une fois l'option ARCE choisie, vous renoncez définitivement au maintien mensuel de l'ARE.
Qu'est-ce que l'ARCE et à qui s'adresse-t-elle ?
L'ARCE s'adresse aux demandeurs d'emploi indemnisés qui créent ou reprennent une entreprise et qui ont obtenu l'ACRE. Le montant versé correspond à 60 % du capital ARE restant à la date de la demande (entreprendre.service-public.gouv.fr, 2026).
Les 40 % restants sont conservés par France Travail : ils ne vous sont pas versés et ne sont pas récupérables. Ce ratio de 60/40 reflète l'arbitrage entre sécurité immédiate (capital) et protection long terme (maintien ARE).
L'ARCE est particulièrement indiquée pour les projets qui nécessitent un investissement initial significatif : achat de matériel professionnel, constitution d'un stock de départ, aménagement d'un local. Elle convient aussi aux activités dont on anticipe qu'elles généreront rapidement un revenu suffisant.
Modalités de versement en deux fois
Le capital ARCE est versé en deux fois.
- Premier versement : la moitié du capital ARCE dès que vous transmettez à France Travail le justificatif de début d'activité (immatriculation, déclaration de micro-entrepreneur). Ce versement intervient généralement sous 15 à 45 jours.
- Second versement : l'autre moitié, 6 mois après le premier, à condition que votre entreprise soit toujours en activité. Vous devez fournir une attestation de poursuite d'activité.
Si votre entreprise cesse avant le second versement, la seconde moitié n'est pas versée. Vous ne remboursez pas la première moitié reçue. Cette clause incite à ne pas solliciter l'ARCE pour un projet qui n'est pas suffisamment mûr.
ARCE vs maintien ARE : comment choisir ?
L'arbitrage entre maintien ARE et ARCE dépend de deux paramètres : le niveau de vos droits restants et le rythme auquel votre activité va générer des revenus.
Si vos droits ARE sont modestes (quelques mois d'indemnisation restants), l'ARCE offre un capital immédiat mais limité. Le maintien ARE, lui, apporte un complément mensuel décroissant qui s'épuisera rapidement. L'écart entre les deux options est alors faible.
Si vos droits ARE sont importants (plus de 18 mois), le maintien ARE représente une sécurité de revenu prolongée. Mais il vous engage à vous actualiser chaque mois et à déclarer vos revenus. L'ARCE vous libère de cette contrainte administrative, au prix d'une décote de 40 % sur le capital restant.
Le critère décisif est souvent le besoin de trésorerie au démarrage. Un projet qui exige 5 000 € d'investissement immédiat et qui peut générer un revenu mensuel dès le 3ᵉ mois penchera vers l'ARCE. Un projet de conseil qui démarre avec un carnet de commandes vide et un ordinateur portable préférera le maintien ARE.
ACRE : l'exonération de cotisations sociales pour bien démarrer
L'ACRE (Aide à la création ou à la reprise d'une entreprise) est une exonération temporaire de cotisations sociales. Elle ne vous verse pas d'argent, elle réduit ce que vous devez à l'Urssaf. Son effet est mécanique : moins de charges sociales signifie plus de revenu net disponible, en particulier durant la première année où les charges peuvent peser lourd face à un chiffre d'affaires encore modeste.
L'exonération dure 12 mois à compter de la date de début d'activité. Elle n'est pas reconductible. Passé ce délai, vous basculez sur les taux de cotisation de droit commun.
Qui peut bénéficier de l'ACRE ?
L'ACRE est ouverte à plusieurs catégories de créateurs ou repreneurs.
- Demandeurs d'emploi indemnisés : bénéficiaires de l'ARE ou de l'allocation de solidarité spécifique (ASS).
- Demandeurs d'emploi non indemnisés inscrits à France Travail depuis au moins 6 mois au cours des 18 derniers mois.
- Jeunes de 18 à 25 ans révolus.
- Bénéficiaires du RSA, de la prime d'activité ou de l'ASS.
- Salariés ou licenciés reprenant leur entreprise en liquidation judiciaire.
- Personnes reconnues handicapées, sous certaines conditions.
Pour les micro-entrepreneurs demandeurs d'emploi, l'ACRE est automatique : aucune démarche spécifique n'est nécessaire. Pour les créateurs en société (EURL, SARL, SASU), une demande doit être adressée à l'Urssaf.
Taux et plafonds ACRE en 2026
Les taux ACRE varient selon le type d'activité.
- Activité de vente de marchandises (BIC) : 1,875 % du bénéfice imposable, dans la limite de 384 480 € par an (8 fois le PASS).
- Prestations de services commerciales ou artisanales (BIC) : 1,875 % du bénéfice imposable, dans la même limite de 384 480 €.
- Professions libérales (BNC) : 2,5 % du plafond annuel de la sécurité sociale, fixé à 48 060 € en 2026. Le montant maximal de cotisation ACRE est donc de 1 201,5 € pour l'année (entreprendre.service-public.gouv.fr, 2026).
À titre de comparaison, le taux plein pour un micro-entrepreneur en prestation de services est de 25,6 % en 2026 (référentiel URSSAF). L'écart est considérable : sur un bénéfice imposable de 20 000 €, l'ACRE ramène la cotisation à 375 € au lieu de 5 120 € en taux plein.
⚠️ Attention : les taux ACRE sont révisés annuellement. Les valeurs indiquées ici sont celles en vigueur pour 2026 et peuvent évoluer.
Peut-on cumuler ACRE et ARCE ?
Oui, l'ACRE est cumulable avec le maintien ARE comme avec l'ARCE. C'est même une condition pour déclencher l'ARCE : vous devez d'abord obtenir l'ACRE pour que le versement du capital ARCE soit mis en œuvre.
Le cumul ACRE + maintien ARE est le schéma le plus protecteur : vous bénéficiez à la fois du complément mensuel de revenu (ARE) et de l'allègement des cotisations sociales (ACRE). Ce double avantage réduit significativement le point mort de votre activité la première année.
Le cumul ACRE + ARCE concentre tout l'avantage en début de parcours : capital immédiat + cotisations réduites pendant un an. Mais passé cette période, vous êtes sans filet ARE.
Cas pratique chiffré : Marie, micro-entrepreneuse au chômage en 2026
Prenons le cas concret de Marie, 34 ans, demandeuse d'emploi indemnisée après un CDI de 6 ans comme chargée de marketing. Son ARE mensuelle est de 1 500 € (ordre de grandeur courant pour un cadre intermédiaire). Ses droits restants au moment de la création : 18 mois, soit un capital ARE total de 27 000 €.
Marie crée une micro-entreprise en prestation de services marketing (BNC). Elle prévoit un chiffre d'affaires mensuel de 800 € le premier mois, puis une montée progressive jusqu'à 2 500 € au 6ᵉ mois. Elle veut mesurer l'écart entre maintien ARE et ARCE.
Scénario avec maintien ARE
Avec le maintien ARE, chaque mois Marie déclare son CA à l'Urssaf. France Travail applique l'abattement forfaitaire de 34 % pour le BNC, puis convertit le revenu net en jours non indemnisables.
Mois 1 : CA 800 €. Revenu net estimé : 528 € (après 34 % d'abattement). SJR de Marie : 50 € (hypothèse). Jours travaillés retenus : 528 / 50 = 10,56 jours, arrondis à 10. Sur un mois de 30 jours, France Travail indemnise 20 jours à 50 € = 1 000 €. Revenu total du mois : 528 € + 1 000 € = 1 528 €.
Mois 6 : CA 2 500 €. Revenu net estimé : 1 650 €. Jours retenus : 1 650 / 50 = 33 jours, plafonnés au nombre de jours du mois. France Travail n'indemnise rien ce mois-là. Revenu total : 1 650 €.
Sur 6 mois, les compléments ARE cumulés s'élèvent à environ 3 500 €. Ses droits restants s'érodent lentement. Elle conserve la sécurité d'un revenu plancher tant que son CA est modeste.
Cotisations ACRE 2026 (BNC) : plafonnées à 1 201,5 € sur l'année. Sur un bénéfice annuel estimé à 18 000 €, Marie paiera 1 201,5 € de cotisations au lieu de 4 608 € (25,6 %). Gain net : 3 406,5 €.
Scénario avec ARCE
Avec l'ARCE, Marie reçoit un capital égal à 60 % de ses droits ARE restants : 27 000 € × 60 % = 16 200 €.
Ce capital est versé en deux fois : 8 100 € au démarrage, puis 8 100 € six mois plus tard si l'activité se poursuit. Marie renonce définitivement à tout complément mensuel ARE. Elle ne s'actualise plus comme demandeuse d'emploi.
Sur les 6 premiers mois, son revenu est la somme de son CA net (abattement déduit) et du demi-capital ARCE. Mois 1 : 528 € (CA net) + 8 100 € (1ᵉʳ versement). Mois 2 à 6 : CA net cumulé = 6 600 € environ. Second versement ARCE au 6ᵉ mois : 8 100 €.
Total disponible sur 6 mois : 528 € + 6 600 € + 16 200 € = 23 328 €. Si on lisse sur 6 mois, cela équivaut à 3 888 € par mois. Mais le capital ARCE ne se renouvelle pas : passé le 6ᵉ mois, Marie ne compte que sur son CA, sans aucun filet ARE.
Elle bénéficie aussi de l'ACRE : cotisations BNC plafonnées à 1 201,5 € (gain de 3 406,5 €).
Conclusion chiffrée du choix optimal
Dans le cas de Marie, le maintien ARE est le choix prudent. Son activité démarre à 800 € par mois et met 6 mois pour atteindre 2 500 €. Le complément ARE compense les mois faibles et ne l'expose pas au risque d'épuiser son capital.
L'ARCE lui aurait donné 16 200 € immédiatement. Mais Marie n'a pas de besoin d'investissement matériel lourd (un ordinateur et un abonnement logiciel suffisent). Le gain en trésorerie ne justifie pas la perte des 40 % restants (10 800 € abandonnés).
Le seuil bascule en faveur de l'ARCE si le projet exige un investissement de départ que l'épargne personnelle ne couvre pas, ou si l'activité promet un revenu mensuel significatif dès le 2ᵉ mois. Dans tous les autres cas, le maintien ARE sécurise mieux la transition.
L'erreur courante à éviter : choisir l'ARCE sans anticiper la fin du capital
L'erreur la plus fréquente chez les créateurs d'entreprise au chômage consiste à opter pour l'ARCE dès la création, sans avoir vérifié que leur activité pourrait couvrir leurs besoins dans les mois suivants.
Le mécanisme est simple : le premier versement ARCE (la moitié du capital) arrive rapidement, donne une sensation de trésorerie confortable, et peut être consommé en amortissant les dépenses de démarrage. Six mois plus tard, le second versement tombe. Puis plus rien. Si à ce stade l'activité génère 1 200 € par mois alors que vos charges personnelles en demandent 1 800 €, vous êtes en difficulté, sans possibilité de retour au maintien ARE.
Le choix ARCE est irréversible. Une fois l'option exercée, les droits ARE encore théoriquement disponibles sont définitivement perdus à hauteur des 40 % non versés, et le régime de maintien mensuel est fermé.
💡 À noter : avant de choisir l'ARCE, faites un prévisionnel de trésorerie sur 12 mois avec une hypothèse prudente de chiffre d'affaires. Si le cumul ARE + CA net dépasse votre besoin mensuel sur la majorité des mois, le maintien ARE est plus sûr. Parlez-en à votre conseiller France Travail : il peut vous aider à modéliser les deux scénarios.
Les autres aides financières et dispositifs d'accompagnement
Au-delà du triptyque ARE-ARCE-ACRE, d'autres dispositifs complètent le financement et l'accompagnement des créateurs.
- Microcrédit Adie : pour les personnes éloignées du crédit bancaire, prêt jusqu'à 10 000 € avec accompagnement.
- INPI : pour protéger votre marque, dessin ou modèle, ou bénéficier d'un diagnostic propriété industrielle.
- Aides régionales et locales : contacter sa CCI ou CMA pour connaître les subventions spécifiques à son territoire.
- Financement participatif et love money : souvent mobilisés en complément des aides publiques.
Ces dispositifs ne remplacent pas ARE/ARCE/ACRE. Ils se greffent dessus pour couvrir des besoins spécifiques : investissement matériel, protection juridique, amorçage de trésorerie.
Le microcrédit via l'Adie
L'Adie (Association pour le droit à l'initiative économique) propose un microcrédit aux personnes n'ayant pas accès au crédit bancaire classique. Le montant peut atteindre 10 000 €, avec un accompagnement avant et après la création.
Ce microcrédit est cumulable avec les aides France Travail. Il peut financer l'achat de matériel, un stock de départ ou un fonds de roulement. La demande se fait directement auprès d'une antenne Adie ou en ligne. Le taux d'intérêt est généralement compris entre 7 % et 9 %, avec une durée de remboursement de 1 à 5 ans.
Le microcrédit Adie n'est pas un don, c'est un prêt qui doit être remboursé. Il suppose un minimum de prévisionnel pour démontrer la capacité de remboursement.
Les ateliers conseils et ressources France Travail
France Travail met à disposition de tous les demandeurs d'emploi porteurs d'un projet des ressources gratuites.
- Ateliers conseils : sessions collectives (en présentiel ou à distance) sur l'étude de marché, le business plan, le choix du statut juridique, la fiscalité et les charges sociales.
- Emploi Store : plateforme en ligne regroupant des simulateurs, des fiches pratiques, des tutoriels vidéo et des liens vers les services partenaires.
- Conseiller spécialisé : chaque agence France Travail dispose d'un référent création/reprise d'entreprise. Il peut vous orienter vers un expert-comptable conventionné pour une consultation gratuite.
Ces services sont accessibles dès l'inscription à France Travail. Aucun frais de dossier.
Aide pouvant atteindre 4 000 € : le contexte
L'aide pouvant atteindre 4 000 € mentionnée sur entreprendre.service-public.gouv.fr concerne un dispositif distinct : le contrat de professionnalisation. Cette aide de l'État est versée à l'employeur qui recrute un demandeur d'emploi en contrat de professionnalisation (entreprendre.service-public.gouv.fr, juillet 2025).
Elle peut être cumulée avec l'aide accordée aux demandeurs d'emploi de 26 ans et plus, ce qui explique le plafond de 4 000 €. Ce dispositif ne s'adresse pas au créateur d'entreprise lui-même : il concerne l'embauche d'un salarié en alternance.
Si vous créez une entreprise et que vous recrutez un demandeur d'emploi en contrat de professionnalisation, vous pouvez solliciter cette aide auprès de France Travail. Elle ne fait pas partie des aides à la création d'entreprise stricto sensu.
Tableau comparatif : ARE maintien, ARCE et ACRE en un coup d'œil
Voici la synthèse des trois aides France Travail pour une lecture rapide.
| Dispositif | Nature | Condition principale | Avantage clé |
|---|---|---|---|
| Maintien ARE | Complément mensuel | Être indemnisé et créer une entreprise | Sécurité de revenu, pas d'irréversibilité |
| ARCE | Capital (60 % des droits) | Avoir obtenu l'ACRE, être indemnisé | Trésorerie immédiate, liberté d'usage |
| ACRE | Exonérations de cotisations | Créer ou reprendre une entreprise | Charges sociales réduites pendant 12 mois |
Ces trois aides ne sont pas toutes cumulables entre elles. Le maintien ARE et l'ARCE s'excluent mutuellement. L'ACRE se cumule avec l'un ou l'autre. Le choix ARE/ARCE doit être tranché avant la déclaration de début d'activité.
Fiche pratique
| Alternatives | Microcrédit Adie, NACRE (accompagnement sans financement direct), aides régionales (contacter sa CCI ou CMA) |
| Coût estimé | Gratuit (ARE, ARCE, ACRE et ateliers conseils sont des droits ouverts sans frais de dossier) |
| Délai | ARCE : 1er versement sous 15 à 45 jours après la déclaration de début d'activité ; 2nd versement 6 mois après. ACRE : automatique pour les micro-entrepreneurs inscrits à France Travail. |
| Obligations | Actualisation mensuelle auprès de France Travail en cas de maintien ARE. Déclaration de début d'activité (immatriculation) pour déclencher ARCE et ACRE. Cessation d'activité dans les 3 mois qui suivent l'obtention de l'ACRE si l'activité ne démarre pas. |
| Organismes de référence | France Travail (demande d'ARCE et maintien ARE), Urssaf (application de l'ACRE), Adie (microcrédit), INPI (protection de la propriété industrielle) |
| Statut juridique concerné | Tous statuts : micro-entrepreneur, EI, EURL, SASU, SARL, SAS. L'ACRE est automatique pour les micro-entrepreneurs demandeurs d'emploi ; pour les sociétés, elle doit être demandée à l'Urssaf. |
Sources
- entreprendre.service-public.gouv.fr
- entreprendre.service-public.gouv.fr
- entreprendre.service-public.gouv.fr
- entreprendre.service-public.gouv.fr
- entreprendre.service-public.gouv.fr
- inpi.fr
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil comptable, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un expert-comptable ou un avocat pour toute décision engageant votre entreprise.
Questions fréquentes
Quelles sont les aides de France Travail pour créer une entreprise ?
France Travail propose trois dispositifs principaux : le maintien partiel de l'ARE (vous conservez une fraction de vos allocations chômage pendant que vous développez votre activité non salariée), l'ARCE qui vous verse 60 % de vos droits ARE restants en capital pour financer votre projet, et l'ACRE, une exonération temporaire de cotisations sociales qui réduit votre taux à 1,875 % du bénéfice imposable dans la limite de 384 480 € par an.
Quels sont les 3 types d'aides dont peut bénéficier le créateur ?
Le créateur peut bénéficier de trois types d'aides : une aide au revenu (le maintien partiel de l'ARE, qui sécurise un complément mensuel), une aide en capital (l'ARCE, qui verse 60 % des droits restants en deux fois), et une aide à l'allègement des charges (l'ACRE, qui réduit temporairement les cotisations sociales à 1,875 % du bénéfice ou 2,5 % du PASS de 48 060 € en 2026).
Où demander l'aide de 4000 € pour la création d'une entreprise ?
L'aide de 4 000 € mentionnée sur entreprendre.service-public.gouv.fr concerne le contrat de professionnalisation et peut être cumulée avec l'aide accordée aux demandeurs d'emploi de 26 ans et plus. Cette aide est à solliciter auprès de France Travail dans le cadre d'un recrutement en contrat de professionnalisation, pas directement comme une subvention à la création d'entreprise.
Quelles aides pour créer son entreprise quand on est au chômage ?
Un demandeur d'emploi indemnisé peut opter pour le maintien partiel de l'ARE (cumul entre allocation et revenus non salariés, avec un complément mensuel calculé par France Travail) ou pour l'ARCE (capital de 60 % des droits restants, versé en deux fois, sous réserve d'avoir obtenu l'ACRE). Il bénéficie également de l'ACRE, qui réduit ses cotisations sociales durant les 12 premiers mois d'activité, ainsi que d'un accompagnement gratuit via les ateliers conseils de France Travail.
Peut-on cumuler maintien ARE et ARCE ?
Non, le maintien de l'ARE et l'ARCE sont deux régimes exclusifs. Si vous optez pour l'ARCE, vous renoncez définitivement au maintien mensuel de vos allocations : vous percevez 60 % de vos droits restants en capital, en deux versements. Une fois ce choix fait, vous ne pouvez plus revenir au maintien ARE, même si votre activité génère peu de revenus au démarrage.
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