Aides France Travail pour créer une entreprise : ce que vous pouvez vraiment
ARE, ARCE, ACRE, NACRE : toutes les aides de France Travail pour créer votre entreprise en 2026 expliquées clairement. Conditions, cumul possible

En 2026, France Travail propose principalement trois aides pour créer une entreprise : le maintien de l'ARE pour conserver un revenu mensuel, l'ARCE pour transformer une partie de ses allocations en capital, et l'ACRE, une exonération de charges sociales gérée par l'URSSAF. Ces dispositifs sont souvent articulés pour sécuriser le lancement.
Les aides France Travail pour créer une entreprise permettent de sécuriser votre lancement grâce à trois mécanismes principaux : le maintien de vos allocations (ARE), leur versement en capital (ARCE) ou une exonération de charges (ACRE). Ces dispositifs sont souvent cumulables et s'articulent pour soutenir le créateur durant les premières étapes cruciales de son projet. Comprendre leur fonctionnement et l'arbitrage à réaliser entre eux est essentiel avant de vous lancer. France Travail agit comme un véritable partenaire financier et d'accompagnement pour les demandeurs d'emploi qui se tournent vers l'entrepreneuriat.
Ce que France Travail peut faire pour un créateur d'entreprise
France Travail, qui a succédé à Pôle emploi, ne se limite pas à l'accompagnement des salariés en recherche d'un nouvel emploi. L'organisme joue un rôle central pour les demandeurs d'emploi porteurs d'un projet entrepreneurial, en leur offrant un cadre sécurisant pour lancer leur activité. Il ne s'agit pas d'un simple guichet, mais d'un acteur qui articule plusieurs dispositifs financiers et d'accompagnement pour transformer une idée en une entreprise viable. L'intervention de France Travail est structurée pour répondre aux défis majeurs de la création d'entreprise.
Cette aide repose sur trois piliers complémentaires. Le premier est le maintien des revenus, qui permet au créateur de continuer à percevoir tout ou partie de ses allocations chômage pendant que son entreprise n'est pas encore rentable. Le deuxième est l'aide au capital de départ, une option pour convertir une partie des allocations en une somme d'argent immédiate pour financer les premiers investissements. Enfin, le troisième pilier consiste en un allègement des charges sociales, qui réduit les coûts fixes de l'entreprise à ses débuts, améliorant ainsi sa trésorerie et ses chances de survie. Ces mécanismes peuvent, sous conditions, être combinés pour offrir un soutien complet et adapté à la situation de chaque entrepreneur.
Pourquoi s'adresser à France Travail quand on veut créer ?
S'adresser à son conseiller France Travail dès les prémices d'un projet de création est une étape stratégique. L'organisme est le point d'entrée obligé pour accéder à des aides financières directes spécifiquement conçues pour les demandeurs d'emploi. C'est votre conseiller qui validera votre éligibilité et vous guidera dans les démarches pour le maintien de l'ARE (Allocation de Retour à l'Emploi) ou la demande de l'ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d'Entreprise). Au-delà du financement, France Travail sert de plaque tournante vers des réseaux d'accompagnement spécialisés, comme les Chambres de Commerce et d'Industrie (CCI) ou les BGE (Boutiques de Gestion pour Entreprendre), qui peuvent vous aider à affiner votre business plan et à structurer votre projet. Ignorer cette étape, c'est prendre le risque de passer à côté d'un soutien financier et logistique précieux.
Les trois piliers : maintien de revenus, capital de départ, allègement de charges
Le soutien de France Travail se matérialise par trois grands dispositifs.
- Le maintien de revenus (ARE) : Il vous permet de continuer à toucher vos allocations chômage chaque mois, vous assurant une sécurité financière pendant la phase de lancement, souvent peu rémunératrice.
- Le capital de départ (ARCE) : Cette aide transforme une fraction de vos droits au chômage restants en un capital versé en deux fois. C'est une option précieuse pour ceux qui ont besoin d'un apport initial pour acheter du matériel, un stock ou financer des frais de constitution.
- L'allègement de charges (ACRE) : Il s'agit d'une exonération partielle de vos cotisations sociales personnelles (maladie, retraite, etc.) durant votre première année d'activité. Cela diminue vos charges fixes et augmente votre revenu net.
Ces trois piliers ne sont pas exclusifs. L'ACRE est par exemple un prérequis pour demander l'ARCE, illustrant comment ces aides sont conçues pour fonctionner ensemble dans un parcours cohérent.
L'ARE maintenue : continuer à percevoir ses allocations pendant le lancement
Le dispositif de maintien de l'ARE pour les créateurs d'entreprise est l'option par défaut pour un demandeur d'emploi qui lance son activité. Il permet de cumuler les revenus de sa nouvelle entreprise avec une partie de ses allocations chômage. Le principe est simple : tant que l'entreprise ne génère pas de revenus suffisants, l'ARE vient compléter les ressources du créateur, lui offrant une stabilité financière essentielle durant la phase de démarrage. Ce mécanisme est particulièrement adapté aux projets qui mettent du temps à devenir rentables, comme les activités de conseil, de prestation de services ou les commerces qui doivent constituer leur clientèle. La durée du maintien correspond à la durée de vos droits à l'ARE restants.
Pour conserver ce droit, le créateur doit rester inscrit à France Travail et actualiser sa situation mensuellement. C'est lors de cette actualisation qu'il déclare les revenus perçus de son activité. France Travail calcule alors le montant de l'allocation à verser en complément. Si aucune rémunération n'est tirée de l'entreprise, l'allocation est maintenue à 100 %. Si une rémunération est perçue, France Travail en déduit une partie du montant de l'allocation mensuelle, repoussant d'autant la fin de vos droits. Cette souplesse permet un démarrage progressif et sécurisé, sans la pression d'une rentabilité immédiate.
Qui peut cumuler ARE et activité de créateur ?
Pour être éligible au cumul de l'ARE avec une activité non salariée, il faut remplir deux conditions principales. D'abord, vous devez être bénéficiaire de l'ARE au moment de la création ou de la reprise de l'entreprise. Ensuite, vous devez maintenir votre inscription sur la liste des demandeurs d'emploi. Tous les statuts juridiques sont concernés : micro-entrepreneur, dirigeant de SASU, gérant d'EURL, etc. La principale contrainte est de pouvoir justifier des revenus issus de votre activité. Pour les dirigeants de sociétés, cela passe par un procès-verbal de décision de non-rémunération ou des fiches de paie. Pour les micro-entrepreneurs, le chiffre d'affaires déclaré sert de base de calcul. L'objectif est de s'assurer que l'aide ne se cumule pas avec un revenu déjà conséquent.
Comment déclarer ses revenus pour ne pas perdre ses droits ?
La déclaration mensuelle à France Travail est une étape clé. Toute erreur ou omission peut entraîner une suspension des droits ou une demande de remboursement. Chaque mois, vous devez déclarer le montant des rémunérations que vous avez perçues au titre de votre activité d'entrepreneur.
- Pour les dirigeants de société (SAS, SARL...) : vous devez déclarer la rémunération que vous vous êtes effectivement versée. Si vous ne vous versez aucun salaire, vous devez le justifier (par exemple avec un PV d'assemblée générale) pour continuer à percevoir 100% de votre ARE.
- Pour les micro-entrepreneurs : vous déclarez votre chiffre d'affaires brut. France Travail applique ensuite un abattement forfaitaire (identique à l'abattement fiscal) pour estimer votre "revenu". C'est ce revenu estimé qui est ensuite pris en compte pour calculer le montant de l'ARE à maintenir.
La transparence et la régularité sont essentielles. Il est conseillé de conserver tous les justificatifs (déclarations URSSAF, fiches de paie, PV) pour les fournir à France Travail en cas de contrôle.
L'essentiel
- Le maintien de l'ARE permet de conserver un revenu mensuel régulier pendant le lancement de l'activité.
- L'ARCE transforme une partie de vos droits au chômage en capital de départ, versé en deux fois.
- L'ACRE offre une exonération partielle des cotisations sociales durant la première année d'activité.
- L'obtention de l'ACRE est une condition obligatoire pour pouvoir prétendre à l'ARCE.
- Le choix entre le maintien de l'ARE et l'ARCE dépend de votre besoin de trésorerie au démarrage versus votre besoin de sécurité financière mensuelle.
L'ARCE : transformer son capital chômage en capital de départ
L'Aide à la Reprise ou à la Création d'Entreprise (ARCE) est une alternative au maintien mensuel de l'ARE. Elle consiste à recevoir une partie de ses droits au chômage restants sous la forme d'un capital. Cette somme est versée en deux fois : un premier versement à la date de la création de l'entreprise (ou à la date d'ouverture des droits à l'ARCE si elle est postérieure), et un second versement six mois plus tard, à condition que l'entreprise soit toujours en activité. L'ARCE est une solution très intéressante pour les projets nécessitant un investissement de départ important : achat de matériel, aménagement d'un local, constitution d'un premier stock, financement de la communication de lancement, etc.
Le principal avantage de l'ARCE est de renforcer immédiatement la trésorerie de l'entreprise et de fournir un apport personnel qui peut être décisif pour obtenir un prêt bancaire complémentaire. Cependant, choisir l'ARCE signifie renoncer au versement mensuel de l'ARE. Le créateur ne perçoit plus d'allocation chaque mois et doit donc s'assurer que son activité peut générer des revenus rapidement ou qu'il dispose d'une épargne personnelle pour couvrir ses besoins le temps que l'entreprise soit rentable. L'obtention de l'ACRE est une condition sine qua non pour pouvoir prétendre à l'ARCE. C'est une sécurité pour l'organisme, qui s'assure que le projet est lancé dans un cadre favorisant sa pérennité.
ARCE ou maintien de l'ARE : quel arbitrage faire ?
L'arbitrage entre le maintien de l'ARE et l'option pour l'ARCE est l'une des décisions les plus structurantes pour un créateur d'entreprise. Il n'y a pas de bon ou de mauvais choix, tout dépend de la nature du projet et de la situation personnelle de l'entrepreneur.
- Optez pour le maintien de l'ARE si votre projet nécessite peu d'investissement initial et que vous privilégiez la sécurité d'un revenu régulier et prévisible. C'est idéal pour les activités de service, les freelances, ou si vous avez des charges personnelles fixes élevées.
- Choisissez l'ARCE si votre projet exige un capital de départ conséquent (achat de stock, de matériel, etc.) et que vous êtes confiant dans la capacité de votre entreprise à générer rapidement un chiffre d'affaires. L'ARCE peut aussi servir d'apport pour convaincre des investisseurs ou une banque de vous suivre.
💡 À noter : En cas d'échec de l'entreprise, un créateur ayant opté pour l'ARCE peut se réinscrire à France Travail et récupérer le reliquat de ses droits ARE (ceux qui restaient après déduction du montant de l'ARCE).
CAS PRATIQUE : scénario d'un créateur choisissant entre les deux options
Prenons le cas concret d'un développeur web qui a droit à 18 mois d'ARE, soit environ 540 jours d'indemnisation. Son projet est de lancer une agence de développement de sites pour TPE.
- Scénario 1 : Maintien de l'ARE. Il crée sa SASU et décide de ne pas se rémunérer les 6 premiers mois. Il continue de percevoir 100% de son allocation mensuelle. Cela lui laisse le temps de trouver ses premiers clients sans stress financier. S'il commence à se verser un petit salaire au 7ème mois, son ARE sera recalculée et diminuée, mais ses droits non utilisés seront reportés, prolongeant la durée potentielle de son indemnisation.
- Scénario 2 : Option pour l'ARCE. Pour lancer son agence, il a besoin d'acheter du matériel informatique performant et de financer une campagne publicitaire, soit un besoin de 8 000 €. En choisissant l'ARCE, il peut obtenir une somme correspondant à une fraction de ses droits restants. Il reçoit un premier versement de 4 000 € à la création, ce qui lui permet de lancer son activité. Six mois plus tard, si son agence est toujours active, il reçoit le second versement de 4 000 €. Il ne touche plus d'ARE chaque mois mais dispose d'un capital de départ solide.
Cet exemple illustre bien le compromis : sécurité mensuelle d'un côté, capital de départ de l'autre. La décision doit être mûrement réfléchie en fonction du business plan.
Les deux versements ARCE : calendrier et conditions
Le versement de l'ARCE s'effectue en deux temps, ce qui permet à France Travail de s'assurer de la réalité et de la continuité du projet.
- Le premier versement intervient peu de temps après la demande et la validation du dossier par France Travail. Pour le débloquer, le créateur doit fournir un justificatif de la création de son entreprise (un extrait Kbis par exemple).
- Le second versement a lieu six mois après la date de création de l'entreprise. Il n'est pas automatique. Le créateur doit en faire la demande auprès de son agence France Travail, en prouvant que son entreprise est toujours en activité. Un simple justificatif (comme une déclaration de chiffre d'affaires récente) est généralement suffisant.
Il est crucial d'anticiper ce délai de six mois dans son plan de trésorerie. L'entrepreneur doit pouvoir financer son activité et ses besoins personnels pendant cette période sans compter sur ce second versement, qui n'intervient qu'à l'issue du premier semestre d'activité.
L'ACRE : l'exonération de charges sociales dès le démarrage
L'Aide aux Créateurs et Repreneurs d'Entreprise (ACRE) est un dispositif d'exonération partielle de cotisations sociales. Elle est gérée par l'URSSAF et vise à alléger les charges des nouvelles entreprises durant leur première année d'existence. Concrètement, l'ACRE permet au dirigeant de payer des cotisations sociales réduites sur la rémunération qu'il se verse (ou sur son revenu pour les travailleurs indépendants). Cette exonération porte sur les assurances maladie, maternité, invalidité, décès, les prestations familiales et l'assurance vieillesse de base. C'est un coup de pouce significatif pour la trésorerie au démarrage, car cela augmente le revenu net disponible pour l'entrepreneur.
L'ACRE est accessible à de nombreux créateurs, sous réserve de remplir certaines conditions (être demandeur d'emploi indemnisé, jeune de moins de 26 ans, etc.). L'exonération est totale si les revenus d'activité sont inférieurs à un certain plafond, puis dégressive jusqu'à un autre seuil. Au-delà, l'exonération n'est plus applicable. Il est essentiel de vérifier les plafonds en vigueur au moment de sa demande, car ils sont régulièrement mis à jour. Obtenir l'ACRE est également une étape obligatoire pour pouvoir ensuite demander l'ARCE à France Travail, ce qui en fait un dispositif pivot dans le parcours du créateur d'entreprise. La demande doit être effectuée auprès de l'URSSAF.
Qui peut demander l'ACRE ?
L'ACRE s'adresse à un large public de créateurs et repreneurs d'entreprise. Sont notamment éligibles (selon les informations de service-public.fr, 2026) :
- Les demandeurs d'emploi indemnisés ou indemnisables.
- Les demandeurs d'emploi non indemnisés inscrits à France Travail depuis plus de 6 mois au cours des 18 derniers mois.
- Les bénéficiaires de minima sociaux (RSA, ASS).
- Les jeunes de 18 à 25 ans révolus.
- Les personnes de moins de 30 ans reconnues handicapées.
- Les créateurs d'entreprise implantée au sein d'un quartier prioritaire de la ville (QPV).
Une condition essentielle est de détenir le contrôle effectif de l'entreprise. Cela signifie, pour une société, détenir plus de 50% du capital seul ou avec sa famille, ou être dirigeant et détenir au moins un tiers du capital, sous réserve qu'aucun autre associé ne détienne plus de 50%.
ERREUR COURANTE : ne pas confondre ACRE et ARCE : et ses conséquences
⚠️ Attention : L'erreur classique est de confondre ACRE et ARCE. L'ACRE est une exonération de charges sociales gérée par l'URSSAF. L'ARCE est une aide financière (versement en capital) gérée par France Travail.
Cette confusion peut avoir de lourdes conséquences. Un créateur qui pense demander une aide financière en remplissant le formulaire ACRE sera déçu. Pire, un entrepreneur qui souhaite obtenir l'ARCE mais oublie de demander l'ACRE au préalable verra sa demande d'ARCE refusée, car l'obtention de l'ACRE est un prérequis. Il est donc fondamental de bien distinguer ces deux aides, leurs objectifs et les organismes compétents. Retenez : ACRE = URSSAF = Moins de charges. ARCE = France Travail = Capital de départ.
Comment faire la demande d'ACRE auprès de l'URSSAF ?
La procédure de demande d'ACRE dépend de votre statut juridique.
- Pour les micro-entrepreneurs : la demande n'est pas automatique. Vous devez la faire en ligne, sur le site de l'URSSAF. Un formulaire spécifique doit être rempli et déposé au moment de la déclaration de votre activité ou au plus tard dans les 45 jours qui suivent. Passé ce délai, vous perdez le bénéfice de l'aide pour votre première année.
- Pour les dirigeants de sociétés (SAS, SARL, etc.) : si vous remplissez les conditions d'éligibilité, l'ACRE est en principe appliquée automatiquement, sans démarche de votre part. L'URSSAF est informée de votre situation via les formalités de création d'entreprise. Cependant, il est toujours prudent de vérifier sur vos premiers appels de cotisations que l'exonération a bien été prise en compte et de contacter l'URSSAF si ce n'est pas le cas.
Dans tous les cas, la décision d'attribution de l'ACRE vous est notifiée par l'URSSAF. Ce document est précieux, notamment pour le transmettre à France Travail si vous sollicitez l'ARCE.
Le NACRE et les autres dispositifs d'accompagnement
Au-delà des aides financières directes, France Travail joue un rôle d'orientation vers des structures d'accompagnement qui peuvent s'avérer déterminantes pour la réussite d'un projet. Le dispositif le plus connu est le NACRE (Nouvel Accompagnement pour la Création et la Reprise d'Entreprise). Il ne s'agit pas d'une aide financière directe de France Travail, mais d'un parcours d'accompagnement complet, assuré par des organismes conventionnés par l'État. Ce parcours aide le porteur de projet à finaliser son montage, à structurer son financement (notamment via l'obtention de prêts à taux zéro) et à le suivre durant les premières années de développement de son entreprise.
L'accès au NACRE est conditionné et s'adresse à des publics similaires à ceux de l'ACRE. C'est votre conseiller France Travail qui peut vous orienter vers l'organisme NACRE de votre territoire. En complément, France Travail collabore étroitement avec l'écosystème entrepreneurial local. Votre conseiller peut ainsi vous recommander de vous rapprocher de la Chambre de Commerce et d'Industrie (CCI) pour des ateliers sur le business plan, de la Chambre de Métiers et de l'Artisanat (CMA) pour les projets artisanaux, ou encore des réseaux associatifs comme les BGE (Boutiques de Gestion pour Entreprendre) ou Initiative France, qui proposent du conseil, de la formation et parfois des solutions de financement. Ces dispositifs d'accompagnement à la création d'entreprise sont un complément indispensable aux aides financières.
Qu'est-ce que le NACRE et comment y accéder ?
Le NACRE est un parcours d'accompagnement en trois phases :
- Aide au montage du projet : un expert vous aide à finaliser votre business plan, à vérifier sa viabilité économique et à choisir la structure juridique la plus adaptée.
- Aide à la structuration financière : l'organisme vous accompagne dans la recherche de financements. Il peut notamment vous aider à monter un dossier pour obtenir un prêt d'honneur NACRE, un prêt personnel à taux zéro, qui vient renforcer vos fonds propres.
- Appui au démarrage et au développement : pendant les trois premières années de l'entreprise, vous bénéficiez d'un suivi personnalisé pour faire face aux difficultés, ajuster votre stratégie et prendre les bonnes décisions.
Pour y accéder, vous devez appartenir à l'une des catégories de public éligible (demandeurs d'emploi, jeunes...). Le plus simple est de discuter de votre projet avec votre conseiller France Travail qui vous indiquera la marche à suivre et vous mettra en relation avec l'opérateur NACRE compétent dans votre région.
Les organismes partenaires de France Travail pour accompagner les créateurs
France Travail n'agit pas seul. L'organisme s'appuie sur un réseau de partenaires spécialisés dans l'entrepreneuriat pour offrir un soutien complet.
- Les Chambres Consulaires (CCI et CMA) : elles offrent des informations, des formations ("5 jours pour entreprendre") et un accompagnement individualisé pour les projets commerciaux, industriels, de services ou artisanaux.
- Les réseaux d'accompagnement associatifs : BGE, Initiative France ou Réseau Entreprendre sont des acteurs majeurs. Ils proposent du conseil, du mentorat et des solutions de financement comme les prêts d'honneur, qui facilitent l'accès au crédit bancaire.
- L'ADIE (Association pour le Droit à l'Initiative Économique) : elle finance et accompagne les créateurs d'entreprise qui n'ont pas accès au crédit bancaire, notamment via le microcrédit.
Votre conseiller France Travail est le mieux placé pour vous orienter vers la structure la plus pertinente en fonction de la nature de votre projet et de votre profil. Cet écosystème est une ressource précieuse à mobiliser.
Comment monter son dossier et sécuriser toutes les aides disponibles
Pour bénéficier de l'ensemble des aides, une approche méthodique et le respect d'un calendrier précis sont indispensables. Le parcours doit être anticipé, car certaines demandes conditionnent les autres et des délais doivent être respectés. La première étape, avant même toute démarche administrative de création, est de prendre contact avec votre conseiller France Travail pour lui présenter votre projet. C'est cette discussion qui enclenchera officiellement votre parcours de créateur et vous ouvrira l'accès aux dispositifs. Il est primordial de ne pas immatriculer votre entreprise avant cet entretien.
Ensuite, l'ordre des démarches est crucial. La demande d'ACRE auprès de l'URSSAF doit être faite au plus tard dans les 45 jours suivant l'immatriculation. Une fois l'ACRE obtenue, vous pourrez alors faire votre choix entre le maintien de l'ARE et l'ARCE et déposer votre demande auprès de France Travail. Préparer les bons documents en amont est un gain de temps précieux. Rassemblez votre business plan, votre prévisionnel financier, et les justificatifs de votre situation. Un dossier bien préparé est non seulement traité plus rapidement mais témoigne aussi du sérieux de votre démarche auprès de vos interlocuteurs. Suivre rigoureusement ces étapes pour créer son entreprise en 2026 maximise vos chances de sécuriser tous les financements auxquels vous avez droit.
Étape par étape : le calendrier des démarches à suivre
Voici un calendrier type pour optimiser vos démarches :
- AVANT la création : Prenez rendez-vous avec votre conseiller France Travail pour présenter votre projet entrepreneurial. C'est l'étape de validation initiale.
- Jour J (Immatriculation) : Vous déposez votre dossier de création d'entreprise auprès du guichet unique des formalités.
- Jour J à J+45 : Vous effectuez votre demande d'ACRE auprès de l'URSSAF (obligatoire pour les micro-entrepreneurs).
- Dès réception de l'attestation ACRE : Vous retournez voir votre conseiller France Travail pour finaliser votre choix.
- Option 1 (Maintien ARE) : Vous continuez votre actualisation mensuelle en déclarant les revenus de votre nouvelle activité.
- Option 2 (ARCE) : Vous remplissez le formulaire de demande d'ARCE en joignant l'attestation ACRE et votre Kbis.
- Après la demande d'ARCE : Vous recevez le premier versement.
- 6 mois après la création : Vous demandez le second versement de l'ARCE en justifiant que votre entreprise est toujours active.
Respecter cette chronologie est la meilleure garantie pour ne laisser aucune aide de côté.
Les pièges administratifs à éviter pour ne pas perdre ses droits
Plusieurs pièges administratifs peuvent compromettre l'accès aux aides. Le plus courant est de créer son entreprise avant d'avoir informé France Travail, ce qui peut compliquer, voire bloquer, le processus. Un autre écueil fréquent est de rater le délai de 45 jours pour la demande d'ACRE en micro-entreprise, entraînant la perte de l'exonération pour la première année et, par conséquent, l'impossibilité de demander l'ARCE.
📌 Important : Conservez une copie de tous les documents soumis et de toutes les notifications reçues (attestation ACRE, décision France Travail...). Ces pièces sont essentielles en cas de contrôle ou de litige. De même, soyez extrêmement rigoureux dans vos actualisations mensuelles. Une déclaration erronée ou tardive peut suspendre vos versements et créer des dettes envers France Travail. En cas de doute, sollicitez toujours votre conseiller avant d'agir. Mieux vaut une question en amont qu'un problème à régler a posteriori.
Sources
Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil comptable, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un expert-comptable ou un avocat pour toute décision engageant votre entreprise.
Questions fréquentes
Peut-on cumuler l'ARE et la création d'une entreprise ?
Oui, il est possible de cumuler intégralement ou partiellement l'Allocation de Retour à l'Emploi (ARE) avec les revenus de votre nouvelle entreprise. Le montant de l'ARE versé dépendra des revenus générés. Si vous ne percevez aucune rémunération, vous continuez à recevoir 100 % de votre allocation.
Qu'est-ce que l'ARCE et comment en bénéficier ?
L'ARCE (Aide à la Reprise ou à la Création d'Entreprise) est une aide financière versée par France Travail. Elle correspond à une partie de vos droits à l'ARE restants, versée sous forme de capital en deux fois. Pour en bénéficier, vous devez d'abord obtenir l'ACRE et déclarer votre projet de création à France Travail.
L'ACRE est-elle automatique ou faut-il en faire la demande ?
Non, l'ACRE (Aide aux Créateurs et Repreneurs d'Entreprise) n'est plus automatique pour les micro-entrepreneurs depuis 2020. Ils doivent en faire la demande auprès de l'URSSAF au moment de la création ou au plus tard 45 jours après. Pour les autres formes de sociétés, l'ACRE est généralement accordée d'office si les conditions d'éligibilité sont remplies, mais une vérification reste conseillée.
Quelle différence entre l'ACRE et l'ARCE ?
L'ACRE est une exonération partielle de cotisations sociales la première année. L'ARCE est une aide financière qui transforme une partie de vos allocations chômage en capital de départ. L'obtention de l'ACRE est une condition indispensable pour pouvoir demander l'ARCE.
France Travail propose-t-il un accompagnement pour monter son projet ?
Oui, au-delà des aides financières, France Travail oriente les créateurs vers des dispositifs d'accompagnement comme le NACRE (Nouvel Accompagnement pour la Création et la Reprise d'Entreprise). Votre conseiller peut aussi vous diriger vers des partenaires comme les CCI ou les BGE pour vous aider à structurer votre projet.
Que se passe-t-il si mon entreprise échoue après avoir choisi l'ARCE ?
Si votre entreprise cesse son activité et que vous n'avez pas épuisé tous vos droits à l'ARE avant de choisir l'ARCE, vous pouvez demander à être réinscrit comme demandeur d'emploi. Vous récupérerez alors le reliquat de vos droits, c'est-à-dire les droits qu'il vous restait moins le montant déjà versé au titre de l'ARCE.
Faut-il prévenir France Travail avant de créer son entreprise ?
Oui, il est impératif d'informer votre conseiller France Travail de votre projet de création ou de reprise d'entreprise le plus tôt possible. Cette démarche est obligatoire pour maintenir vos droits et activer les aides spécifiques comme le maintien de l'ARE ou la demande d'ARCE.
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