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Franchise assurance : définition claire, types et ce que cela vous coûte

Franchise assurance : définition précise, types (absolue, relative, plancher), calcul et exemples chiffrés. Ce que tout entrepreneur doit savoir avant

Émilie MarchandÉmilie Marchand 18 min à lire
Franchise assurance : définition 2026, types et calcul
Franchise assurance auto 2026 : définition, types, montants (absolue, relative, rachat)

La franchise assurance est la somme restant définitivement à la charge de l'assuré après un sinistre, que l'assureur déduit de l'indemnité versée. Elle existe sous quatre formes principales : absolue (toujours déduite), relative (seuil de déclenchement), plancher et plafond. Distincte de la franchise Sécurité sociale (1 € par boîte de médicaments selon service-public.fr, 2026), elle est fixée librement dans le contrat d'assurance et impacte directement le montant net perçu par l'assuré.

La franchise assurance correspond à la somme que vous devez payer de votre poche lors d'un sinistre, même après intervention de votre assureur. Elle représente le « reste à charge » que l'assureur ne couvre pas, quel que soit le montant des dommages. Pour un entrepreneur qui assure ses locaux, son véhicule professionnel ou son matériel, comprendre le mécanisme de la franchise permet d'éviter des surprises coûteuses le jour du sinistre. Cette notion se décline en plusieurs types (absolue, relative, plancher) et ne doit pas être confondue avec la franchise Sécurité sociale, qui obéit à une logique totalement distincte.

Cette notion est également cruciale pour la gestion d'un magasin franchise qui doit anticiper ses charges.

Pour les entrepreneurs désireux de se lancer dans ce type d'aventure, il est donc essentiel de bien se renseigner pour comprendre comment acheter une franchise.

Pour les entrepreneurs désireux de se lancer, il est donc essentiel de bien se renseigner pour comprendre comment acheter une franchise.

Cette notion est essentielle à maîtriser, notamment pour savoir comment ouvrir une franchise en toute connaissance de cause.

Cette notion est essentielle à maîtriser pour un entrepreneur qui souhaite par exemple savoir comment ouvrir une franchise.

Cette notion est essentielle à maîtriser pour un entrepreneur qui envisage par exemple de comment ouvrir une franchise.

Ce que signifie exactement « franchise » dans un contrat d'assurance

Une franchise d'assurance, c'est la somme qui reste définitivement à votre charge après un sinistre. L'assureur calcule l'indemnité due, puis retranche le montant de la franchise prévu au contrat. Vous recevez la différence.

Le mécanisme est simple : vous déclarez un dégât des eaux dans votre local professionnel. L'expert chiffre les réparations à 1 200 €. Votre contrat multirisque prévoit une franchise de 200 €. L'assureur vous verse 1 000 €. Les 200 € restants sont pour vous.

Ce reste à charge poursuit un double objectif pour les compagnies d'assurance. D'abord, responsabiliser l'assuré : savoir qu'une partie des dommages ne sera pas remboursée incite à la prudence. Ensuite, éviter la gestion administrative de petits sinistres dont le coût de traitement dépasserait l'indemnité. La franchise agit comme un filtre économique.

Pour un dirigeant, cette mécanique a des implications directes sur la trésorerie. Un sinistre avec une franchise élevée peut représenter une sortie de cash imprévue. Anticiper ce montant dans son budget prévisionnel évite les tensions de trésorerie.

Anticiper ce montant est une étape clé pour tout entrepreneur, notamment si vous vous interrogez sur comment acheter une franchise.

La part qui reste à votre charge

Toute franchise se traduit par une somme nette que l'assureur ne paiera pas. Cette somme est soit un montant fixe en euros (150 €, 300 €, 500 €), soit un pourcentage du sinistre (10 % des dommages avec un minimum de 200 €). Le contrat peut aussi combiner les deux : « 150 € ou 10 % du sinistre, le montant le plus élevé étant retenu ».

La franchise s'applique généralement par sinistre. Deux événements distincts dans l'année déclenchent deux franchises. Certains contrats prévoient une franchise annuelle, plus rare : vous payez une fois la franchise, quel que soit le nombre de sinistres sur l'année. Cette dernière option est avantageuse pour les activités exposées à des sinistres fréquents mais de faible montant.

Franchise assurance vs franchise Sécurité sociale : deux notions à ne pas confondre

Ces deux notions n'ont en commun que le mot « franchise ». Leur mécanique et leur finalité sont radicalement différentes.

La franchise Sécurité sociale est un prélèvement forfaitaire appliqué aux remboursements de l'Assurance maladie : 1 € par boîte de médicaments et 1 € par acte paramédical (service-public.fr, 2026). Elle est plafonnée à 50 € par an et par personne. Elle ne résulte pas d'un contrat d'assurance mais de la loi.

La franchise d'assurance privée est une clause contractuelle librement négociée entre l'assureur et l'assuré. Son montant varie de quelques dizaines à plusieurs milliers d'euros selon le contrat et le risque couvert. Elle s'applique au moment du sinistre et n'est pas remboursée par une autre couverture (sauf si vous avez souscrit une garantie « rachat de franchise »).

⚠️ Attention : confondre ces deux mécanismes conduit souvent les entrepreneurs à sous-estimer leur reste à charge réel en cas de sinistre professionnel. La franchise Sécurité sociale concerne vos remboursements de santé personnels ; la franchise de votre contrat multirisque professionnelle concerne vos biens professionnels.

Les quatre principaux types de franchise en assurance

Les contrats d'assurance distinguent plusieurs types de franchise, qui modifient profondément le calcul de l'indemnité. La franchise absolue est la plus répandue en assurance auto et habitation. La franchise relative, moins fréquente, obéit à une logique de seuil. Deux variantes, plancher et plafond, complètent le tableau.

Notre analyse ouvrir une franchise rh : secteurs, coûts et réseaux éclaire ce point.

Connaître le type exact de franchise inscrit dans vos conditions particulières n'est pas un détail technique : selon qu'elle est absolue ou relative, un même sinistre peut être remboursé intégralement ou amputé de 300 €. Les paragraphes qui suivent détaillent chaque mécanisme avec un exemple chiffré.

Avant d'entrer dans le détail, une précision utile : ces quatre types concernent aussi bien les assurances auto et habitation que les contrats professionnels. Leur fonctionnement est identique, seuls les montants changent selon le risque assuré et la franchise assurance tous risques souscrite.

La franchise absolue : la plus courante

La franchise absolue est déduite de chaque indemnisation, quel que soit le montant du sinistre. C'est le type de franchise le plus courant, notamment dans les contrats auto et multirisque habitation.

Exemple : votre véhicule professionnel subit un dommage chiffré à 600 € par l'expert. Votre contrat prévoit une franchise absolue de 150 €. L'assureur vous indemnise à hauteur de 450 €. Même si le sinistre avait coûté 5 000 €, la franchise de 150 € aurait été déduite.

Autre scénario : le sinistre est évalué à 120 €. Avec une franchise absolue de 150 €, l'assureur ne verse rien, car le montant du sinistre est inférieur à la franchise. Ce cas illustre le rôle dissuasif de la franchise absolue : les petits sinistres ne donnent lieu à aucune indemnisation. L'assuré a intérêt à les absorber directement sans déclaration, ce qui préserve aussi son bonus-malus.

La franchise relative (ou simple) : l'effet seuil

La franchise relative fonctionne par effet de seuil. Si le montant du sinistre est inférieur à la franchise, l'assureur ne verse rien. S'il dépasse le seuil, l'assureur indemnise l'intégralité du sinistre, sans aucune déduction.

Exemple : votre contrat multirisque comporte une franchise relative de 300 €. Un dégât des eaux est chiffré à 280 € : vous ne recevez rien. Le même dégât évalué à 350 € : vous êtes intégralement indemnisé, soit 350 €.

Cette construction est plus favorable à l'assuré pour les sinistres moyens et importants. Elle est moins courante car elle incite peu à la prévention : une fois le seuil franchi, l'assuré est intégralement couvert, quels qu'aient été ses efforts de prudence. On la rencontre parfois dans les assurances de dommages aux biens professionnels de valeur élevée.

Franchise plancher et plafond : les variantes moins connues

Deux variantes moins fréquentes méritent d'être connues, car elles peuvent figurer dans des contrats professionnels spécifiques.

La franchise plancher fixe un montant minimal que l'assureur ne paiera jamais. Si le contrat prévoit « franchise de 10 % avec un plancher de 200 € » et que le sinistre est de 1 000 €, la franchise calculée est de 100 € (10 %), mais le plancher de 200 € s'applique : vous recevez 800 €. Si le sinistre est de 5 000 €, la franchise de 10 % donne 500 €, supérieure au plancher : vous recevez 4 500 €.

La franchise plafond (ou « à concurrence de ») limite le montant maximal que l'assureur peut déduire. Un contrat stipulant « franchise de 10 % avec un plafond de 500 € » signifie que, pour un sinistre de 10 000 €, la franchise est plafonnée à 500 € au lieu des 1 000 € théoriques (10 %). Cette clause protège l'assuré contre un reste à charge disproportionné lors de sinistres majeurs.

Comment la franchise est calculée et inscrite dans votre contrat

Prenons un cas concret pour mesurer l'impact du type de franchise sur l'indemnité nette perçue. Une même situation, deux clauses différentes, deux résultats radicalement distincts.

Un entrepreneur subit un dégât des eaux dans son local commercial. L'expert chiffre les dommages à 800 €. Examinons ce que donnerait ce sinistre avec deux contrats différents.

Avec une franchise absolue de 150 € : l'assureur déduit systématiquement 150 € de l'indemnité. L'entrepreneur reçoit 650 €. Son reste à charge est de 150 €.

Avec une franchise relative au seuil de 200 € : le sinistre (800 €) dépasse le seuil. L'assureur verse l'intégralité du sinistre, soit 800 €. L'entrepreneur ne conserve aucun reste à charge.

Ce même sinistre, avec une franchise plancher de « 10 % minimum 200 € », donnerait une franchise de 200 € (le plancher), soit une indemnité de 600 €. La différence entre ces trois résultats (150 €, 0 €, 200 € de reste à charge) montre pourquoi la lecture attentive du type de franchise avant signature est indispensable.

Ces mécanismes valent également pour les contrats d'assurance de franchise entreprise, où les montants en jeu peuvent être nettement plus élevés.

Scénario concret : sinistre à 800 €, deux franchises différentes

Prenons un cas concret pour mesurer l'impact du type de franchise sur l'indemnité nette perçue. Une même situation, deux clauses différentes, deux résultats radicalement distincts.

Un entrepreneur subit un dégât des eaux dans son local commercial. L'expert chiffre les dommages à 800 €. Examinons ce que donnerait ce sinistre avec deux contrats différents.

Avec une franchise absolue de 150 € : l'assureur déduit systématiquement 150 € de l'indemnité. L'entrepreneur reçoit 650 €. Son reste à charge est de 150 €.

Avec une franchise relative au seuil de 200 € : le sinistre (800 €) dépasse le seuil. L'assureur verse l'intégralité du sinistre, soit 800 €. L'entrepreneur ne conserve aucun reste à charge.

La franchise Sécurité sociale (1 € par boîte ou acte paramédical) est ici sans aucun effet : elle concerne uniquement les remboursements de santé, pas les dommages aux biens professionnels.

Où lire la franchise dans votre contrat

La franchise figure dans deux documents contractuels que tout assuré doit recevoir avant signature.

Les conditions particulières sont le document personnalisé qui récapitule les garanties souscrites, les montants de franchise par type de sinistre, les plafonds d'indemnisation et la prime. C'est le premier document à vérifier. La franchise y apparaît généralement dans un tableau synthétique, en face de chaque garantie.

L'IPID (document d'information normalisé sur le produit d'assurance) est un résumé standardisé obligatoire depuis 2018. Il présente les caractéristiques essentielles du contrat dans un format uniforme d'un assureur à l'autre, ce qui facilite la comparaison. La franchise y est mentionnée dans la section « Que ne couvre pas le contrat ? » ou « Y a-t-il des exclusions ? ».

Pour les catastrophes naturelles, le mécanisme est particulier : la franchise est fixée par arrêté ministériel et non par le contrat. Elle s'élève à 380 € pour les biens à usage d'habitation et à 1 140 € pour les biens à usage professionnel (service-public.fr, 2026). Cette franchise est obligatoire et non négociable.

Franchise et assurance auto : ce que la loi prévoit

L'assurance automobile obéit à un régime juridique spécifique qui distingue nettement la garantie obligatoire des garanties facultatives en matière de franchise.

La loi impose à tout propriétaire de véhicule terrestre à moteur de souscrire une garantie responsabilité civile (service-public.fr, 2026). Cette garantie couvre les dommages corporels et matériels causés aux tiers. Pour les victimes, aucune franchise n'est applicable : l'assureur indemnise intégralement le préjudice, dans la limite du plafond de garantie.

Cette règle protège les victimes d'accidents de la route. Elle signifie aussi que, même si votre contrat auto prévoit des franchises élevées, celles-ci ne concerneront jamais l'indemnisation des tiers que vous avez blessés ou dont vous avez endommagé le véhicule.

Responsabilité civile : pas de franchise pour les victimes

La garantie responsabilité civile, obligatoire pour tout véhicule terrestre à moteur, couvre les dommages causés aux tiers (service-public.fr, 2026). Pour la victime, aucune franchise ne vient réduire l'indemnisation. L'assureur du responsable prend en charge l'intégralité du préjudice corporel et matériel, dans la limite des plafonds légaux.

Le conducteur responsable, lui, subit les conséquences indirectes : malus sur son coefficient bonus-malus, et éventuellement franchise sur ses propres dommages s'il a souscrit des garanties facultatives. Mais la victime est intégralement protégée. Cette distinction est fondamentale : la franchise en assurance auto ne pèse jamais sur le tiers lésé.

Garanties facultatives : la franchise négociable

Les garanties facultatives (dommages au véhicule, vol, incendie, bris de glace, tous risques) comportent des franchises librement fixées par l'assureur. Aucun texte ne plafonne ni ne plancherise ces montants.

La franchise assurance tous risques mérite une attention particulière. Un contrat tous risques couvre l'ensemble des dommages subis par votre véhicule, y compris ceux dont vous êtes responsable. Mais la franchise s'applique à chaque sinistre. Deux accrochages dans l'année, même mineurs, déclenchent deux franchises.

Pour un jeune conducteur ou une personne non assurée depuis plusieurs années, l'assureur peut appliquer une surprime (service-public.fr, 2026). Cette surprime, qui majore la cotisation, peut s'accompagner d'une franchise plus élevée que la moyenne. Les assureurs considèrent ces profils comme statistiquement plus exposés au risque de sinistre.

L'erreur courante qui coûte cher : choisir la franchise la plus basse sans lire les plafonds

Beaucoup d'entrepreneurs, au moment de comparer des devis d'assurance, focalisent leur attention sur le montant de la franchise. Un chiffre bas rassure. Un chiffre élevé inquiète. Cette lecture est trop partielle et peut conduire à des choix coûteux.

Le piège classique : un contrat A affiche une franchise de 100 € par sinistre, contre 300 € pour le contrat B. L'entrepreneur choisit A, rassuré par le faible reste à charge. Mais le contrat A comporte un plafond d'indemnisation de 5 000 € par sinistre pour les dégâts des eaux, tandis que le contrat B plafonne à 20 000 €. Survient un dégât des eaux majeur chiffré à 12 000 €. Avec le contrat A, l'assureur verse 5 000 € moins 100 € de franchise, soit 4 900 €. Reste à charge réel : 7 100 €. Avec le contrat B, l'assureur verse 12 000 € moins 300 €, soit 11 700 €. Reste à charge : 300 €.

La franchise basse a coûté 6 800 € de plus à l'entrepreneur que la franchise haute. Cet exemple illustre une règle simple : le montant de la franchise ne doit jamais être lu indépendamment du plafond d'indemnisation et des exclusions de garantie.

Pourquoi une franchise basse n'est pas toujours avantageuse

Une franchise basse signale souvent un contrat conçu pour les petits sinistres fréquents. L'assureur accepte d'indemniser rapidement des dommages modestes, mais protège son exposition aux sinistres lourds par un plafond bas.

Cette structure convient à un profil spécifique : l'entrepreneur dont l'activité génère peu de risques majeurs et dont les biens professionnels ont une valeur unitaire modérée. Pour un local commercial avec du matériel coûteux ou un stock important, un plafond d'indemnisation élevé est prioritaire sur une franchise basse.

La prime d'assurance reflète cette asymétrie. Un contrat à franchise basse et plafond bas coûte souvent plus cher en cotisation qu'un contrat à franchise haute et plafond élevé. L'assureur facture la fréquence des petits sinistres plus lourdement que la rareté des gros sinistres.

Pour s'assurer d'une bonne préparation, il est recommandé de se pencher sur la question de comment acheter une franchise.

Les exclusions silencieuses à vérifier avant de signer

Au-delà du montant de franchise, trois points du contrat méritent une vérification systématique avant signature.

D'abord, les exclusions de garantie. Un contrat peut afficher une franchise attractive de 100 € sur le vol, mais exclure le vol sans effraction ou le vol par un préposé. Ces exclusions, souvent listées en fin de document dans une section peu mise en avant, rendent la franchise inapplicable : le sinistre n'est tout simplement pas couvert.

Ensuite, la vétusté. L'indemnisation peut être calculée en valeur à neuf ou en valeur vétuste (déduction d'un coefficient d'usure). Une franchise de 150 € sur un matériel informatique de 3 ans indemnisé en valeur vétuste peut laisser un reste à charge bien supérieur au montant facial de la franchise.

Enfin, les délais de carence. Certains contrats professionnels prévoient qu'aucune indemnisation n'est due pendant les 30 ou 60 premiers jours suivant la souscription. Un sinistre survenant pendant cette période n'est pas couvert, quelle que soit la franchise.

Le guide complet sur la franchise entreprise détaille ces points de vigilance pour les contrats professionnels.

Comment choisir la bonne franchise selon votre profil d'entrepreneur

Choisir le bon niveau de franchise relève d'un arbitrage entre deux objectifs : minimiser le reste à charge en cas de sinistre, et minimiser la cotisation annuelle. Ces deux objectifs sont antagonistes. La décision dépend de la situation financière de l'entreprise et de la nature des risques assurés.

Aucune règle universelle ne dicte le « bon » montant. Les critères qui suivent fournissent une grille de lecture pour aborder la négociation avec son assureur ou son courtier de façon structurée. Pour approfondir le fonctionnement global du modèle, consultez notre article sur comment fonctionne la franchise.

Il est important de bien comprendre ces mécanismes, notamment si vous vous apprêtez à comment acheter une franchise.

Comprendre ces nuances est primordial, surtout si vous envisagez de vous lancer et vous renseignez sur comment acheter une franchise.

Trésorerie faible : privilégier une franchise basse

Une trésorerie tendue rend un reste à charge de 500 ou 1 000 € difficile à absorber sans recourir à un découvert bancaire ou à un crédit de trésorerie. Dans cette configuration, privilégier une franchise modérée (100 à 200 € pour un véhicule, 150 à 300 € pour un local) réduit le risque de sortie de cash imprévue.

Le compromis est une prime plus élevée. Mais la différence de cotisation entre une franchise de 150 € et une franchise de 400 € sur un contrat auto professionnel est souvent de l'ordre de 10 à 20 % de la prime annuelle. Pour un véhicule utilitaire assuré 800 € par an, l'écart est d'environ 80 à 160 €. Cette somme est à mettre en regard du risque : pouvoir sortir 150 € plutôt que 400 € le jour d'un accrochage.

L'alternative consiste à constituer une réserve de trésorerie dédiée aux franchises, ce qui permet de choisir une franchise plus élevée et de réduire la cotisation. Cette approche discipline la gestion de trésorerie mais suppose une capacité d'épargne que toutes les jeunes entreprises n'ont pas.

Sinistres peu fréquents mais coûteux : franchise haute pour réduire la prime

Dans les secteurs où les sinistres sont rares mais potentiellement coûteux (bureaux d'études, conseil, services numériques), une franchise élevée est souvent l'option la plus efficiente.

Le raisonnement : si la probabilité d'un sinistre est faible (un dégât des eaux tous les 5 à 7 ans dans un bureau bien entretenu), payer une prime réduite chaque année grâce à une franchise haute génère une économie cumulée significative. Le jour où le sinistre survient, la franchise élevée est largement compensée par les primes économisées sur la durée.

Un exemple : une assurance multirisque professionnelle coûte 600 € par an avec une franchise de 500 €, contre 900 € avec une franchise de 150 €. Sur 5 ans sans sinistre, l'économie de prime atteint 1 500 €. Même si un sinistre survient la 6ᵉ année, la franchise de 500 € est absorbée par l'économie accumulée.

Ce calcul vaut pour les activités à faible sinistralité. Un restaurant ou un atelier de production, exposés à des risques plus fréquents (incendie, dégât des eaux, bris de machine), peuvent justifier une franchise plus basse.

Points clés

  • La franchise assurance est la somme restant à votre charge après indemnisation ; elle s'applique à chaque sinistre sauf clause contraire.
  • La franchise absolue (la plus courante) est toujours déduite ; la franchise relative ne s'applique que si le sinistre est inférieur au seuil.
  • La garantie responsabilité civile auto, obligatoire, ne comporte jamais de franchise pour les victimes tierces.
  • Une franchise basse peut masquer un plafond d'indemnisation insuffisant et des exclusions de garantie : lire l'intégralité du contrat avant de signer.
  • La franchise Sécurité sociale (1 € par boîte de médicaments ou acte paramédical) est sans rapport avec les franchises des contrats d'assurance privés.

Sources

Fiche pratique

Alternatives à la franchise basseAugmenter la franchise pour réduire la prime, ou souscrire une garantie complémentaire
Coût estiméVariable selon le contrat : de 50 € à plusieurs milliers d'euros en responsabilité civile professionnelle
Délai de carence possibleAucun pour l'application de la franchise elle-même (elle s'applique dès le 1er jour du contrat)
Document de référenceConditions particulières du contrat et IPID (document d'information standardisé)
ObligationsLa franchise est contractuelle, pas légale (sauf catastrophes naturelles où un arrêté fixe les montants minimaux)
Organismes de référenceService-public.fr, Autorité de contrôle prudentiel et de résolution (ACPR), Fédération française de l'assurance
Statut juridique concernéTous les assurés (particuliers, entrepreneurs, sociétés) : aucun statut spécifique

Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil comptable, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un expert-comptable ou un avocat pour toute décision engageant votre entreprise.

Questions fréquentes

Qu'est-ce qu'une franchise en assurance ?

Une franchise en assurance est la somme qui reste à votre charge après un sinistre, même si vous êtes indemnisé. L'assureur déduit ce montant de l'indemnité versée. Par exemple, avec une franchise absolue de 150 € et un sinistre de 800 €, vous recevez 650 €. Cette mécanique, prévue au contrat, vise à responsabiliser l'assuré et à limiter les petits sinistres.

Quelle est la différence entre franchise absolue et franchise relative ?

La franchise absolue est déduite de chaque indemnisation, quel que soit le montant du sinistre. Un sinistre de 300 € avec une franchise absolue de 150 € donne 150 € d'indemnité. La franchise relative, elle, ne s'applique pas si le sinistre dépasse son seuil : un sinistre de 250 € avec une franchise relative de 200 € est intégralement remboursé (250 €). Sous le seuil, rien n'est versé.

La franchise s'applique-t-elle à chaque sinistre ?

Oui, la franchise s'applique à chaque sinistre déclaré, sauf disposition contraire du contrat. Deux sinistres distincts dans la même année déclenchent deux fois la franchise. Certains contrats prévoient toutefois une franchise annuelle (une seule fois par an, quel que soit le nombre de sinistres), mais cette formule reste rare en assurance auto et habitation.

Comment réduire le montant de sa franchise ?

Deux leviers principaux : augmenter le montant de votre franchise, ce qui réduit mécaniquement la prime d'assurance, ou négocier avec votre assureur lors du renouvellement. Un courtier peut comparer les offres de plusieurs compagnies pour trouver une combinaison franchise/prime adaptée à votre profil. Attention : une franchise trop basse peut masquer un plafond d'indemnisation insuffisant.

La franchise assurance est-elle la même que la franchise Sécurité sociale ?

Non, ce sont deux notions totalement différentes. La franchise assurance (contrats auto, habitation, professionnelle) est la somme restant à charge après un sinistre, librement fixée par l'assureur dans le contrat. La franchise Sécurité sociale est une somme forfaitaire de 1 € prélevée sur les remboursements de médicaments et d'actes paramédicaux (service-public.fr, 2026), fixée par la loi et sans lien avec un contrat d'assurance.

Peut-on négocier sa franchise avec son assureur ?

Oui, dans certaines limites. La franchise fait partie des conditions contractuelles négociables, surtout si vous avez un bon historique de sinistres (bonus élevé en auto, aucune déclaration en habitation). Augmenter volontairement votre franchise est souvent accepté sans difficulté et réduit la prime. À l'inverse, obtenir une franchise plus basse sans hausse de cotisation est plus rare et dépend du rapport de force commercial.