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Auto entrepreneur du web : guide complet 2026

Devenir auto entrepreneur du web en 2026 : démarches, codes APE, plafonds, obligations légales et astuces pour trouver vos premiers clients. Guide pratique.

De Émilie Marchand Mis à jour le 9 min à lire
Auto entrepreneur du web : guide complet 2026

Auto entrepreneur du web : c'est aujourd'hui l'un des chemins les plus directs pour exercer un métier numérique en indépendant. Zéro capital requis, formalités réduites au strict minimum, création gratuite via le guichet unique de l'INPI. Développeurs, webdesigners, consultants SEO, rédacteurs : ce guide couvre les étapes d'immatriculation, les plafonds 2026, les obligations déclaratives et quelques pistes concrètes pour décrocher les premiers clients.

C'est quoi un auto entrepreneur du web ?

Un auto entrepreneur du web, c'est un micro-entrepreneur dont l'activité tourne principalement sur internet : création de sites, développement, webdesign, graphisme, rédaction web, SEO, formation en ligne ou consulting digital.

Le statut de micro-entrepreneur est un régime fiscal et social simplifié. Pas de capital minimum, pas de frais d'immatriculation. Il couvre aussi bien les prestations de services (développeur, rédacteur, consultant) que la vente de produits numériques.

Si vous envisagez de structurer votre projet plus formellement, découvrez comment créer son entreprise en 2026 pour comparer les différentes options selon votre activité.

Une précision utile : micro-entreprise et auto-entreprise désignent le même statut depuis la fusion de 2016. « Auto-entrepreneur » reste l'appellation courante, celle qu'on retrouve partout sur les forums et les devis.

Concrètement, ce régime permet de tester une activité web sans supporter des frais fixes lourds dès le départ. Les cotisations sociales ne sont appelées que si un chiffre d'affaires est réellement encaissé : mois blanc, déclaration à zéro, cotisations à zéro. Pour choisir le statut le plus adapté à votre situation, comparez la micro-entreprise, l'EURL et la SASU selon votre niveau de revenus anticipé : la réponse dépend beaucoup du seuil que vous pensez atteindre.

Étape 1 : choisir son code APE et son activité

Le code APE (Activité Principale Exercée) est attribué automatiquement par l'INSEE à l'immatriculation, d'après la description de votre activité. Vous ne le choisissez pas directement, mais vous l'orientez par la façon dont vous décrivez vos prestations.

Sur le même sujet, notre article raison sociale auto-entrepreneur :... complète cette analyse.

Pour les métiers du web, les codes les plus courants sont :

  • 6201Z : Programmation informatique (développeur web, développeur d'applications)
  • 6209Z : Autres activités informatiques (support, maintenance de sites)
  • 7311Z : Activités des agences de publicité (webdesign, création graphique)
  • 7312Z : Régie publicitaire de médias (gestion de campagnes en ligne)
  • 6312Z : Portails internet (création et gestion de plateformes)
  • 9003B : Autres créations artistiques (motion design, illustration digitale)

Un webdesigner se verra généralement attribuer le 7311Z, un développeur le 6201Z. Ce code n'est pas anodin : il influe sur la convention collective applicable et, selon les cas, sur certains taux de cotisation.

Si votre activité mêle graphisme, codage et référencement, l'INSEE retient l'activité principale déclarée. Décrivez précisément vos prestations lors de l'immatriculation : c'est le seul levier dont vous disposez pour orienter l'attribution. Aucun diplôme n'est exigé pour la plupart des métiers du web en micro-entreprise, sauf pour les activités réglementées comme la formation professionnelle (numéro de déclaration d'activité obligatoire).

Étape 2 : s'inscrire sur le guichet unique (INPI)

Depuis le 1er janvier 2023, toutes les créations de micro-entreprises passent par le guichet unique en ligne de l'INPI (formalites.entreprises.gouv.fr). La démarche est 100 % gratuite. Délai habituel : 24 à 72 heures ouvrées pour recevoir le numéro SIRET.

Les étapes concrètes :

  • Créer un compte sur formalites.entreprises.gouv.fr (l'ancien Guichet Entreprises a été remplacé)
  • Renseigner votre activité : description précise, code NAF pressenti, adresse professionnelle
  • Joindre les pièces : pièce d'identité, justificatif de domicile, déclaration sur l'honneur
  • Valider : le dossier est transmis automatiquement à l'URSSAF, à l'INSEE et aux services fiscaux

Votre numéro SIRET arrive par e-mail. Vous pouvez vérifier votre statut officiel sur sirene.fr ou via inpi.fr.

Pour aller plus loin dans la préparation de votre lancement, les étapes pour créer son entreprise en 2026 détaillent chaque phase administrative à anticiper.

Cumul salarié et micro-entreprise : c'est possible, à condition que votre contrat de travail ne comporte pas de clause d'exclusivité (service-public.fr encadre ce cumul). Les agents publics, fonctionnaires ou contractuels, peuvent aussi exercer en micro-entreprise dans ce cadre légal, sous réserve d'en informer leur administration.

Étape 3 : créer son site vitrine et gérer ses mentions légales

Tout auto entrepreneur du web qui propose ses services en ligne a besoin d'un site professionnel. Deux raisons à ça : c'est une vitrine commerciale, et c'est une obligation légale.

Les mentions légales obligatoires pour tout site professionnel :

  • Nom et prénom (ou dénomination sociale) du responsable de publication
  • Numéro SIRET et adresse professionnelle
  • Hébergeur du site (nom, adresse, contact)
  • Politique de confidentialité conforme au RGPD (traitement des données personnelles, cookies)
  • Conditions générales de vente (CGV) si vous vendez des produits ou services en ligne

Pour lancer une vitrine rapidement sans coder, WordPress (auto-hébergé) ou Wix font le travail en quelques heures. WordPress reste la référence pour le SEO, grâce à sa flexibilité et à l'écosystème de plugins disponibles.

La politique de confidentialité est souvent le parent pauvre de la conformité. Pourtant, elle est obligatoire dès que vous collectez des données, même via un simple formulaire de contact. Une non-conformité RGPD expose à des amendes pouvant atteindre 20 millions d'euros ou 4 % du chiffre d'affaires annuel mondial. Pour une micro-entreprise, le risque est proportionné : mais la CNIL adresse des mises en demeure aux indépendants, pas seulement aux grandes structures.

Étape 4 : facturer, déclarer et payer ses cotisations

En micro-entreprise, le plafond de chiffre d'affaires pour les prestations de services (ce que font la quasi-totalité des métiers du web) est fixé à 77 700 € HT par an en 2026.

Le taux de cotisations sociales applicable aux prestations de services libérales et commerciales du web est de 21,2 % du chiffre d'affaires encaissé (taux pour les activités relevant de la SSI ou de la CIPAV selon votre code APE). Aucune cotisation n'est due si le chiffre d'affaires est nul sur la période.

Obligations déclaratives :

  • Déclaration mensuelle ou trimestrielle du chiffre d'affaires sur autoentrepreneur.urssaf.fr
  • Délai : au plus tard le dernier jour du mois suivant la période (mensuelle), ou dans les 30 jours après la fin du trimestre
  • Facturation : toute prestation doit faire l'objet d'une facture mentionnant le SIRET, la date, le détail de la prestation et la mention « TVA non applicable, art. 293 B du CGI » (sous le seuil de franchise)

Côté retraite, un micro-entrepreneur déclarant 12 100 € de revenus annuels acquiert 23 points de retraite complémentaire en 2026, selon service-public.fr. Honnêtement, c'est peu. Diversifier son épargne dès le départ n'est pas un conseil de prudence excessive, c'est une nécessité pour quiconque reste longtemps sous ce régime.

Pour anticiper vos revenus et vos charges sur les premières années, construire un prévisionnel financier solide vous aidera à piloter votre activité et à ajuster vos tarifs en fonction de vos objectifs.

La Cotisation Foncière des Entreprises (CFE) est également due, sauf exonération la première année civile d'activité. Son montant dépend de la commune et de la base d'imposition retenue.

Étape 5 : trouver de nouveaux clients sur le web

Trouver des clients : c'est souvent là que tout se joue. La bonne nouvelle, c'est que les outils numériques accessibles gratuitement permettent de communiquer efficacement dès le lancement.

Les leviers les plus efficaces :

  • Référencement naturel (SEO) : optimiser son site vitrine sur WordPress pour apparaître sur des requêtes ciblées (ex. « développeur web freelance Lyon »)
  • LinkedIn : la plateforme de référence pour les métiers du web B2B, sans équivalent sérieux à ce jour
  • Plateformes freelance : Malt, Comet, Upwork donnent accès à des missions rapidement, même sans réseau établi
  • Recommandations clients : solliciter des témoignages dès les premières missions (avis Google, recommandations LinkedIn) : c'est le canal le moins coûteux et souvent le plus efficace
  • Contenu de valeur : articles, tutoriels, études de cas. Ça prend du temps, mais ça construit une crédibilité que la publicité payante n'achète pas

Pour les auto-entrepreneurs qui démarrent dans le cadre d'un cursus, le statut étudiant-entrepreneur (SNEE) proposé par Pépite France offre un accompagnement structuré.

Afficher votre SIRET et des mentions légales à jour sur votre site, c'est aussi un signal de sérieux. Les entreprises qui font appel à un freelance vérifient souvent ces éléments avant de signer un bon de commande.

Obligations spécifiques au e-commerce et au commerce en ligne

Un auto entrepreneur du web qui vend directement en ligne, au-delà de la simple prestation de services, est soumis à des règles supplémentaires.

Depuis le 19 juin 2026, les professionnels concluant des contrats à distance via une interface en ligne doivent proposer une fonctionnalité permettant à l'acheteur de confirmer explicitement sa commande, selon service-public.fr. Tous les auto-entrepreneurs gérant une boutique en ligne sont concernés.

Autres obligations e-commerce à respecter :

  • CGV accessibles avant tout achat, rédigées en français, claires et sans clauses abusives
  • Droit de rétractation de 14 jours pour les achats en ligne de particuliers (sauf exceptions : contenu numérique téléchargé, services pleinement exécutés avec accord)
  • Facturation électronique : depuis le 1er septembre 2026, toutes les entreprises doivent être en mesure de recevoir des factures électroniques (source : reseau-entreprendre.org)
  • Déclaration TVA : le seuil de franchise est fixé à 36 800 €. Si vous le dépassez deux années consécutives, la franchise tombe et la TVA doit être collectée et reversée

Activité de formation professionnelle en ligne : un numéro de déclaration d'activité (NDA) auprès de la DREETS est requis avant toute facturation à ce titre. C'est une obligation souvent ignorée des débutants.

Points clés

  • L'immatriculation en micro-entreprise pour les métiers du web est gratuite et délivre un SIRET sous 24 à 72 heures via le guichet unique INPI.
  • Le plafond de chiffre d'affaires pour les prestations de services (webdesign, développement, SEO) est de 77 700 € HT par an en 2026.
  • Un auto entrepreneur du web avec 12 100 € de revenus annuels acquiert 23 points de retraite complémentaire en 2026 selon service-public.fr.
  • Les mentions légales et la politique de confidentialité sont obligatoires sur tout site professionnel, même pour une micro-entreprise.
  • Depuis le 19 juin 2026, les auto-entrepreneurs faisant du e-commerce doivent proposer une confirmation de commande explicite lors des achats en ligne.

Sources

Fiche pratique

Coût de créationGratuit (0 €) via le guichet unique officiel INPI
Délai d'immatriculation1 à 5 jours ouvrés pour recevoir le numéro SIRET
Statut juridique concernéMicro-entreprise (entreprise individuelle)
Plafond CA services 202677 700 € HT par an
Seuil franchise TVA37 500 € HT (collecte TVA obligatoire au-delà)
Taux cotisations sociales21,2 % du CA encaissé (services BIC/BNC)
Obligations déclarativesDéclaration CA mensuelle ou trimestrielle sur autoentrepreneur.urssaf.fr, même à 0 €
Facturation électroniqueRéception obligatoire dès le 1er septembre 2026
CFEExonérée la 1ère année, due à partir de la 2e année selon la commune
Organismes de référenceURSSAF (autoentrepreneur.urssaf.fr), INPI (guichet-entreprises.fr), service-public.fr, CCI locale

Cet article est fourni à titre informatif et ne constitue pas un conseil comptable, fiscal ou juridique personnalisé. Consultez un expert-comptable ou un avocat pour toute décision engageant votre entreprise.

Questions fréquentes

C'est quoi un entrepreneur web ?

Un entrepreneur web est un indépendant ou chef d'entreprise dont l'activité principale s'exerce sur internet : développement web, webdesign, SEO, rédaction, e-commerce, formation en ligne, consulting digital. En France, la plupart choisissent le statut de micro-entrepreneur (auto-entrepreneur) : aucun capital requis, immatriculation gratuite en ligne.

Quels sont les métiers du web accessibles en auto-entreprise ?

Les métiers du web exercés en auto-entreprise sont nombreux : développeur web, webdesigner, graphiste, consultant SEO, rédacteur web, community manager, formateur en ligne, photographe digital, motion designer. Ces activités relèvent principalement de la prestation de services, avec un plafond de chiffre d'affaires fixé à 77 700 € HT par an en 2026.

Quel est le code APE pour un webdesigner ?

Un webdesigner se voit généralement attribuer le code APE 7311Z (Activités des agences de publicité), qui couvre la création graphique et le design web. Un développeur web relève plutôt du 6201Z (Programmation informatique). Le code est attribué automatiquement par l'INSEE à l'immatriculation, selon la description de l'activité fournie.

Comment créer une auto-entreprise pour la création de sites web ?

La création d'une auto-entreprise pour la création de sites web se fait gratuitement sur le guichet unique de l'INPI (formalites.entreprises.gouv.fr). Vous décrivez votre activité, fournissez une pièce d'identité et un justificatif de domicile. Le numéro SIRET est délivré sous 24 à 72 heures ouvrées. Aucun capital minimum n'est requis.

Un auto-entrepreneur du web doit-il avoir des mentions légales sur son site ?

Oui. Tout professionnel disposant d'un site internet est tenu d'afficher des mentions légales : nom, SIRET, adresse, hébergeur et politique de confidentialité conforme au RGPD. Ces mentions sont obligatoires dès la mise en ligne du site, indépendamment du chiffre d'affaires réalisé. L'absence de mentions légales expose à des sanctions civiles et administratives.